Il est deux heures du matin. Une conversation de la journée revient, encore et encore. Vous vous dites « arrête d’y penser », vous changez de position, vous essayez de penser à autre chose.
Et la pensée revient, plus insistante.
Si cette scène vous est familière, vous n’êtes pas seul·e. Et ce n’est pas un manque de volonté.
Quand la solution devient le problème
L’approche systémique et stratégique de Palo Alto part d’une observation simple : face à une difficulté, nous faisons tous quelque chose pour aller mieux. C’est logique, et c’est souvent utile.
Mais parfois, cette tentative de solution, répétée encore et encore, finit par entretenir la difficulté qu’elle devait régler.
Les ruminations en sont un bon exemple. Chercher à chasser une pensée revient à la surveiller : pour vérifier qu’elle est partie, il faut… y penser. Plus l’effort est grand, plus la pensée prend de la place. Le cercle vicieux s'installe.
Les tentatives de solution les plus courantes :
• Se forcer à penser à autre chose.
• Chercher à tout comprendre, à trouver « la » réponse qui ferait enfin taire la question.
• Chercher à être rassué-e par ses proches , encore une fois.
• S’occuper sans arrêt pour ne laisser aucune place au vide.
Chacune peut soulager sur le moment voire fonctionner durablement !
La difficulté apparaît quand on les répète alors qu'elles ne marchent plus : elles deviennent la seule réponse et nourrissent ce qu'elles doivent apaiser.
Regarder autrement, plutôt que lutter plus fort
En thérapie brève systémique, on s’intéresse moins à l’origine des ruminations qu’à la façon dont elles se maintiennent aujourd’hui. Quand reviennent-elles ? Que faites-vous à ce moment-là ? Que se passe-t-il ensuite ?
À partir de là, il s’agit souvent de faire un pas de côté : non pas lutter plus fort, mais expérimenter autre chose. Par exemple, au lieu de chasser une pensée toute la journée, vous pouvez essayer de lui accorder un moment choisi et limité, où chacun-e s'autorise à y penser pleinement. Ce n’est pas une recette : ce type d’expérience se construit avec vous, selon votre situation, et ce qui aide l’un ne convient pas forcément à l’autre.
L’objectif n’est pas de ne plus jamais penser à ce qui vous préoccupe. C’est que cette pensée cesse de prendre trop de place dans vos nuits et dans vos journées.
Pour d'autres situations, je peux proposer en séance d'expérimenter quelque chose d'un peu paradoxal en se demandant chaque jour à heure fixe ce que vous pourriez faire pour aggraver volontairement vos ruminations. Une autre exploration peut vous demander de ne pas vouloir changer trop vite voire de prévoir une aggravation (paradoxalement, cela diminue la surveillance des pensées dans certains cas précis).
Et quand c’est un souvenir qui revient sans cesse ?
Parfois, ce qui tourne en boucle n’est pas une inquiétude sur demain, mais un souvenir : une scène, une image, une phrase qui revient avec la même intensité qu’au premier jour. Dans ce cas, l’EMDR-DSA peut aider à apaiser des souvenirs trop chargés. Nous en parlons d’abord lors d’un premier entretien, pour vérifier ensemble que cette approche vous convient.
Vous vous reconnaissez dans cette situation ?
Je vous reçois à mon cabinet dans le quartier de Saint-Marc-sur-Mer, à Saint-Nazaire, ou en visio. Si vous souhaitez en parler, vous pouvez réserver un appel découverte gratuit : nous verrons ensemble si mon approche correspond à ce que vous vivez.
Précautions. Si vos pensées deviennent très sombres ou si vous pensez au suicide, n’attendez pas : appelez le 3114, numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24 h/24 , parlez-en à votre médecin. Mon accompagnement peut alors être un complément mais sera inclus dans une prise en charge médicale.